Dans une courte vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, on voit un ressortissant camerounais interpeller le président français, Emmanuel Macron, au salon de l’agriculture à Paris. En réponse à la requête du camerounais qui dénonce la situation politique délétère dans son pays, on voit Emmanuel Macron répondre en toute décontraction : “Vous savez mon engagement sur ce sujet. J’ai mis la pression sur Paul Biya pour qu’il traite le sujet de la zone anglophone et ses opposants. J’avais dit qu’on ne se verrait pas à Lyon tant que Quanto n’est pas libéré. J’ai mis la pression. Il a été libéré. Là, la situation est en train de se dégrader à nouveau. La semaine prochaine, je vais appeler le président Biya et on mettra le maximum de pression afin que cette situation cesse. Je suis totalement au courant et totalement impliqué dans les violences qui ont cours au Cameroun…Nous sommes très clairs. La France est toujours prise dans un rôle compliqué en Afrique. Nous défendons l’Etat de droit partout. Mais quand en Afrique, la France dit qu’un dirigeant n’est pas démocratiquement élu, les africains disent, de quoi voulez-vous vous mêler ?. Vous n’avez pas à nous donner de leçons. Partout, je veux des dirigeants démocratiquement élus. Je mets la pression sur chacun. Quand le président Kabila était là, nous avons mis la pression pour qu’il y ait une alternance. J’ai dit au président Biya qu’il doit ouvrir le jeu et libérer les opposants politiques et faire respecter l’état de droi…”. Au vu de cette déclaration, et la situation quasi similaire et symptomatique en Côte d’Ivoire, l’on est tenté de se demander si Emmanuel Macron mettra autant la pression sur Alassane Ouattara.

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Alassane Ouattara sous la pression de la France ?

Il ya lieu de se poser une telle question. Quand on sait, depuis 9 ans ce qui se joue en Côte d’Ivoire. Avec des arrestations arbitraires et plusieurs détenus politiques. Des députés déchus de leur immunité parlementaire sans aucun respect des textes en vigueur. Des opposants éloignés du jeu politique intérieur parce que contraints à l’exil. Et bien de situations arbitraires. Avec un Alassane Ouattara décidé à briguer un troisième mandat, y renoncera-t-il sous la pression d’Emmanuel Macron, comme a-t-il eu à le faire dans le cas du Congo avec Kabila ? . Une chose est sûre, avec cette sortie d’Emmanuel Macron, l’ingérence de la France dans la politique intérieure des pays africains est bien plus que prégnante. En 2020, les méthodes ont tout simplement changé. Haro sur les coups d’Etat, place à la pression, dixit, Emmanuel Macron.